Protocoles

Diabétique type 1

Diabétique insulino-traité (Adulte)

La plongée sous-marine reste possible, moyennant certaines conditions et précautions afin d’éviter une hypoglycémie sous l’eau, garder un bon équilibre du diabète et le plaisir de plonger !

Le certificat médical

La possession d’un certificat médical n’est pas explicitement définie dans les textes réglementaires propres à la plongée sous-marine (Code du Sport et Manuel du Moniteur). Par contre, il est obligatoire pour pratiquer la plongée au sein d’un établissement sportif. Il est légitime pour un club de demander annuellement à ses adhérents un certificat médical de non-contre-indication à la plongée sous-marine.

La loi n’oblige donc pas à la possession d’un certificat médical, mais pour des questions de responsabilité, les structures choisissent de demander ce sésame.

Dans le cadre FFESSM / FSGT, un double certificat médical (cf 1.2), dont l’un particulier est signé par le diabétologue, est exigé par les textes internes.

Hors du cadre FFESSM et en l’absence de réglementation particulière, les DID sont assimilés à un public ordinaire. Pour passer des niveaux ou pour jouir pleinement des prérogatives liées au niveau de plongée, le certificat médical doit être délivré par le médecin habilité (voir tableau ci-dessous).

Le type de certificat médical et les modalités d’obtention varient selon le cadre de plongée considéré : affiliée FFESSM (1.2), structure suivant les recommandations de DAN (2.2).

1 – Continuer à plonger avec la FFESSM

Bien connaître son diabète : nutrition, activité sportive et adaptation des doses d’insuline, en particulier la prévention de l’hypoglycémie en cas d’activité physique.

1.1 – Conditions de non-contre-indication diabétologique à la plongée sous-marine de loisir

  • Être âgé de 18 ans minimum
  • Suivi diabétologique régulier (au moins 3 fois/an) depuis au moins 1 an par le même diabétologue
  • Être sous insuline depuis au moins 1 an
  • HbA1c inférieure à 8,5%
  • Auto-surveillance glycémique régulière (au moins 4 fois/jour)
  • Aucune hypoglycémie sévère (intervention d’un tiers et/ou hospitalisation à la suite du malaise) ni d’acidocétose dans l’année précédant la délivrance du certificat
  • Seuil de perception correct des hypoglycémies (supérieur à 0,50 g/L)
  • Savoir reconnaître une hypoglycémie et y réagir seul
  • Absence d’autres maladies consécutives du diabète

1.2 – Obtention du double certificat de non-contre-indication à la plongée FFESSM

  • Premier certificat délivré par le diabétologue traitant sur le formulaire type (http://medical.ffessm.fr) et précisant au verso les conditions de non-contre-indication diabétologique à la plongée
  • Certificat final de non-contre-indication signé par un médecin fédéral ou hyperbare après qu’il ait pris connaissance du certificat préalable
  • Remise au DIT de la lettre d’informations rappelant les prérogatives restreintes de plongée, commentée par le médecin fédéral ou hyperbare

1.3 – Protocole de mise à l’eau FFESSM

  • La veille de la plongée : diminuer la dose d’insuline lente de -30% de la dose habituelle
  • Le jour de la plongée : diminution de -30% des insulines lente et rapide
  • 3 glycémies capillaires sont demandées : T-60, T-30 et T-15 avec comme objectif glycémique une mise à l’eau supérieure à 2 g/L

a) T-60 minutes

  • < 1,6 g/L : prendre 30g de glucides
  • Entre 1,6 et 2 g/L : prendre 15g de glucides
  • > 2 g/L : attendre le contrôle à T-30
  • > 3 g/L : vérifier acétonurie ou acétonémie
  • Si acétonurie ou acétonémie positive : annulez la plongée

b) T-30 minutes

  • < 1,6 g/L : prendre 30g de glucides
  • Entre 1,6 et 2 g/L : prendre 15g de glucides
  • > 2 g/L : attendre le contrôle à T-15

c) T-15 minutes

  • < 1,6 g/L : annulez la plongée
  • Entre 1,6 et 2 g/L : prendre 15g de glucides
  • > 2 g/L : mise à l’eau

1.4 – Prérogatives techniques restreintes en plongée

Diabétiques 1 et 2 insulino-traités (DIT) :

  • Profondeur maximale : 40m
    • En encadré, par un E2 minimum et un E1 en milieu artificiel jusqu’à 40m (PE40)
    • En autonomie jusqu’à 20m (PA20)
  • Durée maximale : dans la courbe de sécurité
  • Pas plus d’un diabétique par palanquée
  • Interdiction de plonger si les conditions de plongée et de mise à l’eau majorent les risques d’hypoglycémie (houle, courant, température < 14°C sauf si port d’une combinaison étanche, mise en pratique du protocole de mise à l’eau et retour bateau difficiles)
  • La prise de sucre sous l’eau (en dehors de l’hypoglycémie) est possible dès lors que le « Lâcher Reprise d’Embout » (LRE) est acquis

Autorisations monitorat :

  • Pour un encadrant devenu diabétique : possibilité de continuer son activité dans la zone des 20m
  • Accès à l’initiateur pour les plongeurs N2 et N3 diabétiques

1.5 – Interdictions de plonger

  • Température < 14°C sauf si port d’une combinaison étanche
  • Plongées à efforts potentiellement requis (courant, houle)
  • Conditions peu favorables à la mise à l’eau et/ou à la remontée à bord

1.6 – Comportement recommandé avec le directeur de plongée, l’encadrant et les membres de la palanquée

  • Les avertir de votre diabète
  • Les informer sur la conduite à tenir en cas d’hypoglycémie dans et sous l’eau

1.7 – Équipement

Matériel à avoir sur le bateau :

  • Lecteurs de glycémie et acétonémie (avec bandelettes et lancettes)
  • Insulines lentes et rapides
  • Glucagon
  • Resucrage en quantité suffisante (> 100g)

Matériel à avoir sous l’eau :

  • Moyen de resucrage adapté dans les poches de la stab

2 – Continuer à plonger selon les recommandations DAN

2.1 – Conditions de non-contre-indication à la plongée loisir

  • Être âgé de 18 ans minimum
  • Délai minimal avant de commencer la plongée après début ou modification du traitement :
    • 3 mois après pour un hypoglycémiant oral
    • 1 an après avoir commencé le traitement à l’insuline
    • Pour un plongeur DT2 passé sous insuline, attendre 6 mois après avoir commencé l’insuline avant de replonger
  • Pas d’hypoglycémie ou hyperglycémie sévères (intervention d’un tiers) durant l’année précédant la délivrance du certificat
  • Pas d’épisode d’hypoglycémie sans symptôme annonciateur
  • HbA1c inférieure à 9%
  • Pas de complications majeures secondaires liées au diabète

2.2 – Obtention du certificat

  • Un médecin (diabétologue ou autre spécialité) doit effectuer un examen annuel et déterminer si le patient connaît bien son diabète et sait le gérer face à une activité sportive (forte recommandation en plus d’une consultation avec un médecin hyperbare)
  • Le plongeur atteste avoir lu et pris en compte le présent protocole
  • Dépistage d’ischémie silencieuse chez les patients de plus de 40 ans
  • Pour tout événement inhabituel pendant la plongée potentiellement lié au diabète, faire un examen médical

2.3 – Protocole de mise à l’eau

  • 3 glycémies capillaires demandées : T-60, T-30 et juste avant la plongée avec un objectif de mise à l’eau ≥ 1,5 g/L
  • Plongée annulée si < 1,5 g/L ou > 3 g/L, ou s’il y a une baisse du taux de glucose entre deux mesures
  • Une diminution des doses d’insuline (lente et rapide) est conseillée afin d’atteindre plus facilement l’objectif de mise à l’eau

Si les diminutions d’insuline ne sont pas assez conséquentes, une prise supplémentaire de glucose peut être nécessaire afin d’atteindre l’objectif de mise à l’eau.

De retour sur le bateau :

  • La glycémie doit être vérifiée après chaque plongée et fortement conseillée sur 12 à 15 h après la plongée
  • Répertorier toutes les données dans un livret afin d’affiner le protocole lors de futures plongées

2.4 – Prérogatives techniques restreintes en plongée

  • Profondeur maximale conseillée : 30m
  • Durée maximale conseillée : 60min
  • Pas de plongée saturante

2.5 – Interdiction de plonger

  • Les conditions de plongée qui peuvent majorer le risque d’hypoglycémie

2.6 – Comportement à tenir avec le directeur de plongée, l’encadrant et la palanquée

  • Les avertir de votre diabète
  • Les informer sur la conduite à tenir en cas d’hypoglycémie (et de l’utilisation du glucagon)

2.7 – Équipements

Matériel à avoir sous l’eau (obligatoirement) :

  • Moyen de resucrage de surface
  • Le binôme de plongée doit emporter un moyen de resucrage
  • Bracelet USB Ice Key DAN avec l’indication de son diabète

Matériel à avoir sur le bateau (obligatoirement) :

  • Glucagon

3 – Adaptation des protocoles

En France, l’adaptation est possible suivant les profils des plongeurs DIT, si la structure de plongée ne dépend pas (que) de la FFESSM. En l’absence de textes officiels, les plongeurs DIT sont actuellement considérés comme les autres plongeurs vis-à-vis des organismes tels que l’ANMP.

Il est préconisé que la modification du protocole se fasse après concertation avec des médecins diabétologues, par des plongeurs expérimentés, en fonction de leur propre expérience validée par les résultats de glycémies capillaires en situation.

Les modifications du protocole doivent faire l’objet de tests de vérification de glycémies en situation, afin de garantir des seuils glycémiques de sécurité.

L’adaptation du protocole peut permettre des évolutions telles que :

  • Limiter les pics d’hyperglycémie
  • Se resucrer en cours de plongée si cela était nécessaire
  • Ne pas avoir l’obligation d’informer toute la palanquée de son diabète
  • Faire évoluer les prérogatives restreintes et accéder aux types de plongées prévus dans le Code du Sport
  • Tenir compte de l’amélioration des équipements concernant la déperdition d’énergie (combinaison étanche)
  • Utiliser un appareil de lecture de glycémie en continu (Holter) durant l’immersion

Dans le cadre d’un protocole personnalisé, il reste fortement recommandé que le plongeur diabétique procède à des contrôles de glycémies avant et après la plongée, qu’il ne s’immerge que si sa glycémie a atteint un seuil de sécurité établi, qu’il informe son binôme et qu’il ait un moyen de se resucrer dans sa stab.

Diabétique type 2

Médicaments autorisés sans restrictions :

  • Biguanides (METFORMINE : GLUCOPHAGE ; STAGID)
  • Glitazones (ACTOS ; AVANDIA)
  • Inhibiteurs de la DPP4 (JANUVIA ; XELEVIA ; GALVUS ; ONGLYZA)
  • Analogues du GLP1 (BYETTA ; VICTOZA)

Médicaments autorisés sauf pendant le ou les jours de plongée (météorisme) :

  • Inhibiteurs des alpha-glucosidases (GLUCOR ; DIASTABOL)

Médicaments nécessitant une adaptation pendant le ou les jours de plongée (hypoglycémie) :

  • Sulfamides (DIAMICRON ; DAONIL ; AMAREL ; GLUCIDORAL ; GLIBENESE)
  • Glinides (NOVONORM)
  • Insulines basales (LANTUS ; LEVEMIR ; Insulines NPH)

Les diabétiques traités par l’une ou plusieurs des molécules interdites doivent référer à leur médecin traitant ou leur diabétologue référent pour modifier momentanément et pendant la période des plongées leur traitement afin d’éviter les risques d’hypoglycémie.

L’équilibre diabétique doit être correct : HbA1c < 8,5%.

Un avis cardiologique est requis pour tout diabétique type 2 lors de la première licence et tous les 3 ans sauf événement intercurrent ou avis contraire du médecin cardiologue, diabétologue, traitant ou fédéral.

Les complications macro et microangiopathiques – sans oublier l’ischémie silencieuse – sont les risques majeurs du diabétique de type 2. Nous attirons l’attention sur l’association diabète de type 2 et SAS (syndrome d’apnée du sommeil) qui sera à explorer et traiter le cas échéant mais qui ne constitue pas une contre-indication en soi.

Les complications microangiopathiques sont une contre-indication formelle à la plongée (rétinopathie, néphropathie, neuropathie).

Les complications macroangiopathiques, dès lors qu’elles rentrent dans le cadre des contre-indications à évaluer, font référence notamment aux coronaropathies.

Adolescent

Conditions de non-contre-indication diabétologique à la plongée pour les jeunes (14–18 ans) diabétiques type 1 :

  • Diabétique type 1 âgé de plus de 14 ans et moins de 18 ans
  • Suivi diabétologique régulier (au moins 3 fois/an) depuis au moins un an par le même diabétologue. Une éducation diabétologique, notamment concernant la gestion de l’insulinothérapie et la prévention de l’hypoglycémie en cas d’activité sportive, a été dispensée
  • HbA1c < 8,5%
  • Auto-surveillance glycémique régulière (au moins 3 fois/jour)
  • Aucune hypoglycémie sévère ni acidocétose dans les 3 mois précédant la délivrance du certificat
  • Seuil de perception correct des hypoglycémies (> 0,50 g/L). Le jeune patient doit savoir reconnaître une hypoglycémie et y réagir seul
  • Absence de retentissement macroangiopathique ou microangiopathique
  • Accepte de se soumettre et suivre le protocole de mise à l’eau : prévention de l’hypoglycémie

L’Association Diabète et Plongée est une association de patients diabétiques-plongeurs fondée en 2012 suite à la troisième étude « Diabète et plongée Nitrox » en septembre 2012.

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