Pendant soixante ans, les diabétiques ont adapté leur (sur)vie à leur diabète. Le sport était en soi interdit ou déconseillé « en soi », c’est-à-dire qu’il était considéré que quelle que soit la – bonne- santé de la personne, son état diabétique l’empêchait à priori d’être apte à un sport.
En 1998, la Société Francophone du Diabète (SFD) recommande l’activité physique et sportive chez les diabétiques (1). Elle actualise ces recommandations dans le diabète de type 2 en 2013 (2).
La plongée sous marine reste cependant en France l’emblème du sport interdit en cas de diabète insulino-traité (DIT). La raison était le risque d’hypoglycémie en immersion et sa conséquence potentielle grave, la noyade. Or, il s’agissait d’un risque supposé et non prouvé.
L’expérience de deux associations, Diver Alert Network (DAN) et British Sub Aqua Confédération (BSAC) montre que les diabétiques n’ont pas plus d’accidents de plongée que les non diabétiques, en d’autres termes, qu’il n’y a pas de sur risque lié au diabète (3-6).
En France, la situation évolue en octobre 2004 : à la suite d’un travail scientifique (7-9) (Golfe Juan 2003), la Fédération Française de plongée (FFESSM) lève son interdiction et permet l’accès à la plongée aux DIT, dans les clubs qui y sont affiliés, sous réserve de certaines restrictions (10). Les résultats de ce travail sur la baisse glycémique durant les plongées et sur la gestion des doses d’insuline et de la prise de glucides ont été confirmées par une deuxième étude en mer chaude (11) (St Gilles de la Réunion 2005). La nouvelle est annoncée dans le SUBAQUA n°198 de janvier 2005 et rappelé dans le n°200 de mai 2005.
D’autres équipes confirment les résultats Français. Ces résultats ont permis la mise en place d’un référentiel international publiant un protocole de conditions de mise à l’eau pour les plongeurs diabétiques (12). Ce protocole qui permet de plonger en toute sécurité est disponible sur le site de la FFESSM (10). Cette nouvelle réglementation de la FFESSM aura permis aux diabétiques d’être assurés par la fédération.
Par ailleurs, l’intérêt de l’utilisation de systèmes de mesure continue du glucose en plongée a été étudié avec succès par un groupe Suédois (13).
Aucun accident de plongée : Depuis 2005, les diabétiques ne se cachent plus (ou moins) pour plonger. A ce jour, aucun diabétique n’a été impliqué dans les 270 à 300 accidents annuels déclarés sur la période 2005-2012 ( source commission médicale nationale (CMPN) de la FFESSM).
L’Association Diabète et Plongée est une association de patients diabétiques-plongeurs fondée en 2012 suite à la troisième étude « Diabète et plongée Nitrox » en septembre 2012.
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